Association loi 1901 ayant pour vocation la promotion et la diffusion des pratiques transculturelles

 

«L'accueil de l'étranger ne semble plus aller de soi et nous nous demandons pourquoi. Que faut-il pour pouvoir accueillir et soigner l'autre ? Quels sont les ingrédients de l'hospitalité ici et ailleurs ?…. Nous devons nous poser des questions sur nos implicites, sur nos manières d'accueillir, sur nos doutes et nos réactions individuelles et collectives.»

Marie Rose Moro, Félicia Heidenreich

 

Nos Actus:

 

C'est déjà fini…  Ces journées de formation sont passées trop vite! 

Merci aux intervenants Fatima TOUHAMI et Ogobara KODIO, ainsi qu'aux intervenants locaux, Sandrine SIMONNET et Sylvie LONGUECHAUD, l'équipe de Don Bosco et depuis la Guinée, à Marie-José PAGNON! Merci à tous les participants et les adhérents de l'association de répondre toujours présents et faire vivre la pratique transculturelle en Limousin!

Retour en images sur 2 jours d'approfondissements et de partage:

Conte de clôture des journées du 12 et 13 Mars:

 

Laissez-moi vous conter l’histoire de trois jeunes gens dont les parcours sont mémorables…

 

Mehdi, né ici dont les parents sont venus d’ailleurs. Vivant en province dans un lieu reculé nommé Limousin, il entre dans ce que l’on appelle ici « adolescence ». Mehdi porte un vêtement tissé très serré par sa famille qui réside ici depuis bien avant sa naissance. Ses parents l’entourent, le guident de manière aimante mais restrictive, dans la peur de l’extérieur et de son regard. Mehdi envie les autres jeunes qui arborent des pulls amples, mais ne s’autorise pas pour autant ni à les imiter, ni à trop explorer. Ce tiraillement l’entrave.

 

Livio quant à lui vient d’entrer dans ce que l’on nomme chez lui « le deuxième septennat ». Livio n’a pas choisi ce mandat, ce sont les siens qui imaginaient qu’il pourrait vivre mieux dans cet ailleurs lointain, au- delà des frontières de son continent. Il porte un gilet tissé à la va-vite, gilet qui contient des espaces béants, certains carrés tissés très serrés et d’autres distendus. Livio est parti seul, il a traversé de nombreuses épreuves lors de son cheminement, épreuves qui ont parfois encore écorché son gilet. Il est souvent empêché et mal à l’aise particulièrement dans le champ sensoriel.

 

Heena, enfin, une jeune fille née là-bas mais arrivée bébé ici. Elle porte les mêmes vêtements que son groupe de pairs mais souffre de maux dont elle ne comprend pas l’origine. C’est comme si elle ressentait la peur, l’angoisse qui peuvent être exprimés à la maison par sa mère et son oncle maternel, certains mots peuvent sembler les sidérer comme par exemple celui de « mutilation ».

 

Repérés par des professionnels dans leurs différences, ils ont bénéficié d’accompagnements. Ces professionnels, mal à l’aise, apeurés, sous pression tant temporelle que judiciaire et administrative, ont dans leurs placards une collection de vêtements prêts à porter dont les marques sont « Adaptation »,

« Acculturation », « Efforts ». Ces vêtements n’étant pas magiques, aucun effet visible, rapide et satisfaisant n’a pu être constaté.

Ces mêmes professionnels ont entendu parler d’un atelier de tissage sur mesure, l’atelier « Mé- Tissage… Ils tentent, avec les jeunes, de partir explorer cet espace. Là, ils rencontrent un groupe de personnes proposant des fils de différentes épaisseurs, textures, couleurs ; ces matériaux viennent de collections nommées « Nyama », « Reconnaissance », «transculturel ». Dans ce groupe agissent des personnes nommées

« interprètes », « médiateurs », ils manient des mots comme « co-construction », « limites constructives » et semblent animés par un genre de mantra qu’ils nomment « Humilité ».

Sont accueillis dans ce lieu des professionnels, des familles vivant ici et celles qui sont contactées ailleurs dans des liens de parenté multiples. Il s’agit de remettre de manière verticale comme horizontale chacune des mailles nécessaires à rendre les tenues de chacun confortables, en s’appuyant sur des zones praticables, sur leurs actifs. De manière rituelle les ateliers sont clôturés par des fumigations et autres nettoyages émotionnels nommés « supervision », « APP », « Intervision ».

 

Pour conclure :

Même si nous avons à porter un boubou chargé d’épines, nous pouvons trouver des lieux et des liens qui nous permettent d’être rassurés, sécurisés, valorisés et alors enfin s’autoriser à créer, conter, chanter, danser, jouer… pour être soi et métissé dans un monde multiple.

 

 

Marie A

 

 

Enfin chez nous!

Nous vous accueillons désormais dans notre nouveau local au 16 rue Séverine, 87000 LIMOGES. (entrée par le 18)